De l’importance des choix économiques… c’est pas Joly Joly…

Samedi 18 Février, Eva Joly est allée manifester en Grèce pour s’élever contre les réformes en cours et notamment la position de la France dans celles-ci.

Alors si je comprends aisément le dépit des grecs, qui s’ils ont sans aucun doute collectivement des responsabilités, ils les mesuraient assez difficilement d’une manière individuelle. Et je comprends également qu’en ce sens il ne leur reste plus qu’à se défendre dans la manifestation. En revanche, je comprends assez difficilement le message qu’a voulu faire passer là la candidate écologiste.

J’ignore si nous avons une vision objective et précise de ce qui a conduit la Grèce à cette situation, mais j’imagine, comme ce serait le cas si un problème identique était en cours en France (ce qui arrivera peut-être dans un avenir plus ou moins proche), que les grecs en ont une vision encore plus édulcorée. On nous a appris que tout ceci était le résultat d’une gestion économique laxiste du gouvernement grec accompagné d’une dissimulation des comptes réels. Aujourd’hui l’Europe fait beaucoup d’effort pour soutenir ce pays, mais attends un signe fort de la prise de conscience de celui-ci, et un effort conséquent. C’est donc malheureusement le peuple plein de désarroi qui paye, par une baisse des salaires et une hausse du chômage notamment. C’est triste, et on peut comprendre aisément sa colère, mais on se dit qu’il peut difficilement en être autrement. Dans ces conditions, que fait Eva Joly loin là-bas?

Si ses chances d’atteindre le second tour sont déjà plus que maigres, je ne vois pas comment cet acte pourrait faire frémir les sondages, ou alors peut-être vers le bas?…

Sarko m’a « tuer »… ou pourquoi malgré moi, je voterais pour Hollande

Avant de croire à une recherche de la polémique, je tiens avant tout à dire que je suis sans étiquette, sans même une quelconque direction. Je ne suis pas pro-Sarkozy, pour autant, je ne suis pas contre lui non plus. Je me considère donc plutôt comme un observateur politique apolitique.

Je souhaite également noter l’importance du conditionnel dans le titre. La route jusqu’au trône est encore longue, cette formulation indique que s’il y avait un choix à faire aujourd’hui, c’est sans doute celui-ci que je ferais, mais peut-être pas celui qui sera mien au final dans quelques semaines.

Pourquoi malgré moi? Je pense que par là, beaucoup d’électeurs se reconnaitront. Ce n’est pas la première fois que j’ai ce sentiment. On, ou en tout cas je le crois, une grande partie des français, ne vote plus par conviction, mais par défaut. Aujourd’hui, à aucun moment le candidat Hollande ne m’a convaincu. Et je dois avouer que l’image qu’il me renvoit est en partie biaisée par celle que me renvoit son pantin des guignols de Canal+. Mais tout de même, je suis déçu de ne le voir que trop rarement prendre une position ferme sur ce qu’il ferait, mais qu’il ne manque pas de relever les actions de l’actuel gouvernement pour nous dire ce qu’il n’aurait pas fait.

Hier encore, Anne-Sophie Lapix, dans son émission Dimanche+, a essayé d’obtenir du critique Hollande, notamment au sujet de la création d’une usine Renault au Maroc ou des Roms, des informations sur ce dont il est capable. Cette fois encore, rien de concret. On trouve une certaine similitude dans la manière de faire à celle de Ségolène Royal. Alors encore une fois, comme expliqué dans mon article sur l’art de la séduction électorale, il n’est pas facile de faire des choix qui plairaient à tout le monde, et de prouver qu’on aurait été capable de le faire.

Pour conclure, voilà pourquoi je voterais pour Hollande, simplement pour ne pas voter pour les 2 autres candidats crédibles, Sarkozy et Le Pen. Pas pour le premier parce qu’il garde quelques casseroles de son mandant. Encore une fois, je ne suis pas totalement opposé à son oeuvre, mais je ne peux pas l’encourager plus dans certaines directions qu’il a pris, et cautionner certains actes. Quand à la seconde, si naturellement je peux difficilement m’orienter vers une direction extrême, j’admire toutefois avec quelle intelligence elle a sû modérer et réorienter la pensée de son père. Si le fond reste assez similaire, il faut avouer que la forme ferait presque parfois de l’oeil. Malheureusement (ou pas), les spectres de Jean-Marie sont encore là.

 

La campagne, un tendre moment de séduction

La campagne présidentielle, ah, quel moment particulier dans la vie journalistique d’un pays ! Entre les outsiders qui ont sans doute des idées intéressantes mais qu’on n’écoute pas, et les favoris qui proposent plein de choses qu’on ne croit pas, l’effervescence est à son paroxysme.

C’est dans ce contexte qu’on ne peut être dupe. Et même les médias, quelles que soient leurs couleurs politiques non affichées mais connues, ne manquent pas de parler de mission de séduction. Et il est vrai que les prestations de nos politiques en goguette sont finalement assez proche de la drague d’un post-pubère.

Je dois avouer que je trouve l’exercice très périlleux, et encore plus quand on a plusieurs personnes, très différentes, à séduire de manière simultanée. L’exercice de séduction demande de se présenter de la manière la plus valorisante possible, si bien que l’on se doit de mettre ses défauts de coté pour ne montrer que ses qualités. C’est bien là qu’est tout ce jeu de dupe, car une image à laquelle on enlève les défauts n’est pas vraie (et ce ne sont pas les couvertures photoshopée des magazines féminins qui me diront le contraire), mais pour autant, une image sur laquelle on laisse voir les défauts ne permet plus d’en discerner les bons cotés.

Maintenant, imaginez vous à la place d’un beau célibataire, à qui l’on présente 6 femmes, et à qui l’on dit qu’il faut au moins en séduire 3 pour qu’il ne soit plus célibataire (sans quoi, la vie solitaire se poursuivra 5 ans de plus). Jusque là, les rois du speed dating me diront sûrement que c’est une chose aisée. D’autant que parmi les concurrent au speed dating, on n’a gardé que les plus prometteurs. Maintenant, c’est un speed dating un peu particulier, car il faut rencontrer les 6 femmes simultanément. De plus, ces 6 femmes auront plusieurs mois pour se rendre compte de qui vous êtes vraiment, et chaque faux pas pourra être fatal, d’autant plus que les amis des autres célibataires  sont là pour relever et amplifier toutes vos erreurs.

Pour aller plus loin, imaginez qu’aujourd’hui, après avoir un peu fait connaissance (dans la vie politique on appelle ça sondage et enquête d’opinion), vous devez emmener ces belles au restaurant. Considérant que l’une d’elle ne sait pas ce qu’elle souhaite manger, que l’une d’elle est très friante de sushi, que l’une préfère la cuisine relevée, que la quatrième est végétarienne, la suivante préfèrerait un endroit modeste, et la dernière n’est de toute façon jamais satisfaite et trouvera toujours à redire. Il est alors temps de faire un choix, en sachant qu’on ne pourra pas contenter tout le monde. Ah oui, par contre le goût personnel du séducteur est bien entendu mis de côté, on ne montre plus qui on est, on est juste là pour faire plaisir. Bien entendu, comme dans toute relation, une fois la phase de séduction passée et le quotidien installé, on oubliera bien vite les goûts des demoiselles pour les nourrir de saucisses de Francfort ou de hamburgers.

Voilà le contexte dans lequel nous sommes bercés depuis quelques semaines et pour les quelques suivantes à venir. Il s’agit d’observer ces acteurs, d’en tirer le vrai du faux, si tant est que ce soit possible. Et au terme de cette mascarade, il faudra faire un choix. Et souvent, on ne choisira pas de prendre celui qui nous aurait séduit, mais plutôt de ne pas prendre celui qui ne nous plait vraiment pas. Au final, on sait bien que même si on pense avoir fait le moins mauvais choix, nombreux sont ceux qui seront déçus, s’ils ne sont pas outrés, des décisions qui sont prises par ce si beau séducteur.

Par avance, joyeuse saint Valentin à tous.

Allô maman?… je suis riche !

Le 25 Janvier 2012, le candidat aux présidentielles François Hollande a annoncé vouloir taxer les plus riches, pour favoriser les classes moyennes. C’est une déclaration qui m’a semblée fort judicieuse, je dirais même logique (même si dans la pratique, la fuite des richesses reste à craindre), et encore plus si l’on se dit que le « non-encore » candidat Sarkozy aurait favorisé ces mêmes « plus riches » lors de son actuel mandat.

Une fois cette annonce faite, nous sommes en droit de nous demander qui est intégré dans cette classe moyenne? Et bien entendu, dans cette réflexion, je m’appuye bien égoïstement sur mon cas personnel. Jusqu’à présent, je me suis montré conscient, et plus encore en cette période de crise, de faire partie des favorisés. Pour autant, je me positionnais dans le haut de la classe moyenne. Pour que tout soit plus parlant voici ma situation : je suis un célibataire parisien qui gagne 2400 euros par mois. Si l’on doit la définir, la classe moyenne correspond à l’ensemble de la population française, à laquelle on soustrait les 30% des plus modestes et les 20% des plus aisés, pour ne garder que les 50% restants. Voici ce que celà donne selon l’observatoire des inégalités : qui sont donc les classes moyennes?

On découvre donc en suivant le lien précédent, que pour une personne seule comme moi, la richesse débuterait à 2127 euros. Il serait alors grand temps pour moi de me gargariser avec cette réussite insolente. Et pourtant, je garde une certaine aigreur en travers de la gorge.

Car oui, si j’ai fait le choix de vivre à Paris, c’est parce que me concernant, c’est là que se trouve le travail. Mais ce choix ne peut se discuter, je fais bien ce que je veux, je suis riche ! Partant de là, je ne souhaite pas perdre trop de temps dans les transports en commun parisiens qui sont, il faut l’avouer, assez inégalement fiables. Dès lors, je souhaite habiter dans Paris, mais il ne devrait pas y avoir de soucis, je suis riche ! Mais c’est là que tout se complique, car puisque je suis riche, j’aspire à devenir propriétaire.

Attention, nous allons aborder un simple calcul. Si je vais voir mon banquier aujourd’hui, je me heurterai inéluctablement à la barre des 33% autorisés d’endettement. Je ne peux donc mettre qu’un tiers de mon salaire dans un achat immobilier, soit 800 euros par mois. Les taux actuels sont relativement cléments, ouf ! Comme je suis jeune, je suis prêt à m’endetter un peu plus longtemps pour disposer d’un plus gros capital, partons pour 30 ans. Selon les calculettes du célèbre site SeLoger.com, appliquant les taux actuels constatés (4,82% + 0,36% d’assurance), je peux donc emprunter 143 917 euros. Sur le site de la chambre des notaire de Paris, on m’indique qu’au 3e trimestre 2011, le prix moyen au m² à Paris est de 8 360 euros.  Un rapide calcul montre que je peux donc envisager fièrement (sans avoir pris en compte des frais de notaire) d’habiter un 17,2 m². C’est donc à ça que ça ressemble un riche aujourd’hui.

Je ne suis pas là pour me plaindre de ma situation, mais juste pour mettre en lumière certains propos et affirmer mes craintes. Je ne suis pas en haut de l’échelle sociale, mais je suis fier d’être là où je suis, car je me suis battu dur pour ça, j’ai fait de (relativements) longues études que j’ai financé sans aide parentale, je passe de longues heures que je ne compte pas à mon travail, j’ai des responsabilités et donc la pression qui va avec. Je pense donc mériter ce que j’ai. Aujourd’hui, de par cette situation privilégiée, je n’ai droit à aucune aide. Et à celà, alors que je paye déjà une part non négligeable d’impôts, on me prévient que ce n’est qu’un début, et qu’on s’apprête à m’essorer. De quoi presque regretter tout ces efforts présents et passés…

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